TRENTE NEUF ANS EN MISSION A BUNGWE, SOEUR YVETTE FAIT SES ADIEUX

Sœur Yvette Vincent, membre des Sœurs de la Congrégation de sainte Chrétienne, fondée en 1807 en France a fait ses adieux aux chrétiens et aux amis, après 39 ans de vie et de service au Rwanda, dans la Paroisse de Bungwe, Diocèse BYUMBA.

Sœur Yvette Vincent, originaire du Canada, au Québec,  fut une Sœur et une maman comme l’a souligné Abbé Emmanuel RUTSINDINTWARANE, qui représentait l’Evêque dans les cérémonies. Dans la messe célébrée par l’Abbé Emmanuel, le Directeur de la Caritas diocésaine et Représentant des Formations sanitaires diocésaines dont  Sœur Yvette Vincent était Titulaire de l’une de ces Formations à Bungwe depuis 38 ans. Etaient présents les chrétiens de la Paroisse, les chrétiens et amis de la Sœur vivant à l’extérieur de la Paroisse, les Sœurs de la Congrégation de sainte Chrétienne présidées par leur représentante du Secteur Afrique, Sœur Christiane, ainsi que les autorités militaires et civiles notamment le Maire du District de BURERA, Samuel SEMBAGARE et le Secrétaire Exécutif de la  Province du Nord Déo KABAGAMBE, représentant le Gouverneur la  Province.


Après la messe, les différents orateurs ont loué les hauts faits de la Sœur. Les élèves de l’Ecole « Twelve Years Basic Education », Regina Pacis, abritant 12 locaux construits grâce à l’aide cherchée par la dite Sœur, ont exécuté une représentation théâtrale où ils relataient la vocation et la mission de Sœur Yvette en Afrique, spécialement au Rwanda. Les Sœurs de la Congrégation de sainte Chrétienne sont arrivées au Rwanda en 1970 où prévalaient beaucoup de maisons en paille, les services médicaux et nutritionnels rares, les mamans ne bénéficiaient pas de l’assistance médicale surtout lors de l’accouchement, et presque toutes les maladies étaient d’origine des esprits ou de poison, croyait-on. Les Sœurs épaulées par les Pères Blancs qui tenaient la Paroisse, assistées par les autorités civiles, ont développé la région en construisant les adductions d’eau, les Centres de Santé et de développement communautaire pour filles et garçons.

Sœur Yvette, actuellement âgée de 65ans, est arrivée au Rwanda en 1974. Infirmière de formation, devait rendre service dans le Centre de Santé. Eprise de courage et d’efficacité, Sœur Yvette s’est donnée corps et âme en appliquant les idéaux de sa Congrégation comme le stipule la règle 6 : « la charité du Christ nous presse » et la règle de vie No 57 qui dit, « les Sœurs sont envoyées par la Congrégation au milieu des villes, des villages, …. pour annoncer la Bonne Nouvelle du Salut en Jésus Christ, en manifestant la tendresse du Père à tous, avec la prédilection des pauvres et des petits », d’où elle a reçu le surnom de « Macati » pour signifier la personne efficace, rapide et amusante. De 39 ans passés au Rwanda, 38 ans sont passés la Sœur assumant la fonction de Directrice du Centre.  Les enfants qu’elle a vu naître sont aujourd’hui des chefs de ménage ou assument des fonctions importantes dans la société. C’est dans ce sens que le délégué de l’Evêque l’appelle Sœur et mère voire grand-mère car les enfants dont elle a accouchés les mères sont aujourd’hui des papas ou des mamans.


Sœur Yvette, au début assistée par ses collègues, devait former sur le tas les aide-infirmier(es) tant que le pays ne se dotait pas encore d’un système sanitaire fort. Pour renforcer les services sanitaires et l’accès des soins à tous, elle a créé un système de pré-paiement, SPP en sigle, pour rassembler des frais et en tranches afin de s’approvisionner en matériel médical en temps voulu. En 2002, le Centre de Santé devait recevoir un prix pour cet effet et devenu le Centre pilote pour le système de mutuelle de santé naissant dans le pays, comme cela se voit dans le journal «Nouvelle Relève », du 15/05/2002. La mutuelle du Centre de Santé est toujours la première et a servi de modèle dans tout le pays en puisant des acquis du système de pré-paiement comme l’ont souligné le Maire et le Secrétaire Exécutif de la  Province. Ils lui ont promis que les œuvres réalisées avec son concours seront bien tenues et renforcées.


Sœur Yvette dans son allocution a remercié tous ceux qui l’ont aidé de près ou de loin dans la réalisation de sa vocation et de sa mission. Elle a loué les efforts de tout un chacun dans l’élaboration des œuvres précitées. Elle a dit qu’elle va faire une année sabbatique – consacrée à la prière, l’examen de conscience et le repos dans un Centre spécialisé international à Québec. Elle nous promet de revenir en Afrique après un an. Elle priera pour tout le monde, a-t-elle renchéri.


Le Curé de la Paroisse, Abbé Augustin HAKIZIMANA, de son tour, devait honorer les œuvres de la Sœur. Tous les paroissiens sont fiers d’elle vu que beaucoup sont nés dans ses mains, qu’elle n’a rien ménagé pour leur bien-être spirituel et matériel notamment sa participation dans la liturgie, sa contribution dans la construction de la Centrale Bushingamuheto et de l’église de la Paroisse ainsi que la salle polyvalente qui coûte en totalité plus de 50 millions de FRWS. « Sr Yvette, nous ne t’oublierons jamais », a-t-il dit.


L’Abbé Emmanuel RUTSINDINTWARANE, qui représentait l’Evêque dans les cérémonies d’adieux à Sœur Yvette, a vanté de son tour l’héroïne du jour en revenant sur ses réalisations et le caractère qui le singularise au Christ qui se donne pour ses brebis surtout les laissés-pour-compte. Pour conclure, il a dit que la Sœur va nous quitter physiquement mais que nous garderons sa personne en nous, car ses œuvres parlent d’elle.


Parmi nombreux cadeaux qu’elle a reçus, citons la chèvre qui symbolise sa contribution dans sa lutte contre la faim et la pauvreté,  sa photo entrain de soigner pour rappeler son don pour les soins de santé des patients, la lampe-tempête pour souligner qu’elle a été un phare dans la promotion spirituelle et économique dans la région, et enfin un tableau sculpté où l’on trouve au milieu du tableau sa photo en train de soigner un patient, dans les deux coins à gauche, l’an 1974 de son arrivée au Rwanda, et les maisons en paille pour symboliser la pauvreté, et à droite l’an 2013 de son départ  des maisons en étage, en haut l’Ecole Regina Pacis, le Centre de Santé pour marquer le développement réalisé avec son concours !


Nous lui souhaitons bonne santé et excellente mission où elle est envoyée.

Abbé Valens NSABAMUNGU

Paroisse BUNGWE


24 Kanama 2014: Icyumweru cya 21 mu byumweru bisanzwe

         AMASOMO:
Iz 22, 19-23abr /> Rom 11, 33-36
 Mt 16, 13-20


«Wowe uri Kristu, Umwana w'Imana Nzima. »