03 DEC 2011 : CELEBRATION DU JUBILE DE DIAMANT DU GRAND SEMINAIRE DE NYAKIBANDA: JAMAIS EVENEMENT N’AVAIT RASSEMBLE AUTANT DE PRETRES

Samedi 03 juin 2011, a été célébré à Nyakibanda le 75ème anniversaire du grand séminaire implanté en ce lieu béni depuis 1936. Dix évêques, dont les sept membres de la Conférence Episcopale du Rwanda ; deux évêques burundais et Mgr Anastase Mutabazi, évêque émérite de Kabgayi et ancien recteur de Nyakibanda ; le Père Massimo Cenci, Sous-Secrétaire de la Congrégation pour l’Evangélisation des Peuples  et Envoyé Spécial de Mgr Fernando Filoni, Préfet de la même congrégation; l’Abbé Joseph Puthenpurayil Antony, Chargé d’Affaires a.i. à la Nonciature Apostolique au Rwanda ; l’Abbé Roberto Cherubini, Secrétaire Général de l’Université Pontificale Urbanianne de Rome à laquelle le Grand Séminaire de Nyakibanda est affilié ; les recteurs des grands séminaires du Rwanda et de l’Est du Congo, environ 600 prêtres venus de tous les coins du Rwanda ; une centaine de religieuses et des milliers de fidèles laïcs, parmi lesquels les anciens de Nyakibanda ;  tout ce beau monde s’y était en effet donné rendez-vous pour célébrer le jubilé de diamant de ce grand séminaire. Jamais auparavant, un événement n’avait rassemblé autant de prêtres.

 

Il y avait aussi les autorités civiles et militaires, notamment le Président du Sénat, le Dr Jean Damascène Ntawukuriryayo, qui représentait le Président de la République ; quelques ministres, notamment Mme Aloysie Inyumba, ministre du Genre et de la Promotion de la Famille, Mme Vénantie Tugireyezu, ministre à la Présidence de la République, M. Protais Mitali, ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Culture, M. Mathias Harebamungu, Secrétaire d’Etat chargé de l’Education primaire et secondaire, les gouverneurs des provinces du Sud et de l’Est ainsi que quelques sénateurs et députés au Parlement du Rwanda et les recteurs des universités et instituts de l’enseignement supérieur au Rwanda.

 

Les cérémonies ont commencé par une messe présidée par l’Archevêque de Kigali, Mgr Thaddée Ntihinyurwa, messe elle-même inaugurée par une imposante et longue procession de tous les évêques et les prêtres, tous de blanc vêtus, au point de donner à un observateur présent, l’impression d’une image de la procession glorieuse qui conduit les fidèles témoins de Jésus dans la gloire céleste (Ap 7, 13-15). Et cette procession progressait sous les rythmes de la fanfare du Petit Séminaire Saint Pie X de Nyundo.

 

Lueurs et ombres  

 

Dans son mot d’introduction à la célébration eucharistique, le Recteur du Grand Séminaire de Nyakibanda, l’Abbé Antoine Kambanda a d’abord présenté l’historique du grand séminaire qui remonte de 1900, année de la première implantation au Rwanda des Missionnaires d’Afrique conduits par Mgr Joseph Hirth et a évoqué les fruits qui ont mûri de son action prophétique.

 

En effet, dès ces premiers instants, Mgr Hirth n’hésita pas à voir dans le peuple qu’il venait évangéliser les continuateurs de l’œuvre missionnaire qu’il venait d’inaugurer au Rwanda. Et sans hésiter, il choisit parmi les tout premiers baptisés de 1903 à Save et à Zaza, 15 jeunes gens qu’il envoya l’année suivante, en 1904, à Hangiro (Tanzanie) pour une formation devant les mener à l’ordination sacerdotale. C’est parmi eux que, le 07 octobre 1917, furent ordonnés les premiers prêtres rwandais, les Abbés Balthazar Gafuku et Donat Reberaho.

 

Le Recteur Antoine Kambanda a en outre saisi cette occasion pour dresser une sorte de bilan du grand séminaire de Nyakibanda qui, en 75 ans, a accueilli 2378 séminaristes dont 258 actuellement en formation et 1054 qui ont été ordonnés prêtres, soit 44,3 %, non compris les prêtres religieux et ceux des pays voisins, le Burundi et la RD Congo. Parmi ces prêtres, 26 sont devenus évêques, dont 16 Rwandais, 6 Congolais et 4 Burundais.

 

Malgré ce bilan satisfaisant, le Grand Séminaire de Nyakibanda a connu des périodes sombres de triste mémoire liées à l’histoire du pays, notamment de 1959 à 1963, lorsque les politiciens y ont semé le mauvais grain qui a abouti à l’exil de plusieurs grands séminaristes tandis que d’autres ont embrassé la carrière politique. L’année 1962-1963 vit la fermeture du grand séminaire et les quelques rares séminaristes restants furent envoyés à l’étranger, tandis que le diocèse de Nyundo dirigé par Mgr Aloys Bigirumwami choisit de fonder son propre grand séminaire. Le summum de ces ténèbres fut le génocide de 1994 qui, parmi les victimes innocentes, vit le massacre non seulement des prêtres mais aussi de plusieurs grands séminaristes.

 

L’Abbé Antoine Kambanda a saisi cette occasion pour demander pardon pour certains parmi les prêtres et les anciens de Nyakibanda ayant trempé de près ou de loin dans le génocide de 1994 et a rendu hommage à ceux qui ont refusé de porter main forte aux bourreaux, allant jusqu’à payer eux-mêmes de leur vie en se mettant du côté des victimes.

 

Une exhortation spécifique aux séminaristes

 

Dans une homélie prononcée par Mgr Smaragde Mbonyintege, Président de la Conférence Episcopale du Rwanda et Président de la Commission Episcopale pour les Grands Séminaires, il a d’abord déclaré avoir voulu placer, dans le coeur des festivités de cloture du jubilé de diamant de Nyakibanda, cette recommandation du Christ à ses disciples de “demeurer dans son amour” (Jn 15, 9). Il a indiqué que ce mot d’ordre revenaitt 13 fois dans l’Evangile de la vigne et des rameaux (Jn 15, 1- 17), pour souligner que, en dehors de Jésus, la vraie vigne, il n’y avait pas lieu de porter de bons fruits.

 

Citant par ailleurs de la recommandation de l’Apôtre Paul aux Colossiens “Par dessus tout, ayez de l’amour, ce lien qui vous permettra d’être parfaitement unis. Que la paix du Christ dirige vos coeurs...”, Mgr Smaragde a dit que Nyakibanda était comme un ilôt choisi par Dieu pour être un carrefour de grâces variées et complémentaires destinées à la communauté des croyants du Rwanda, et, dans la mesure du possible, des pays voisins.  La mission de Nyakibanda, a-t-il poursuivi, ne doit ni flêtrir ni vieillir avec les années; elle doit plutôt, au fur des années, porter de bons et nombreux fruits.

 

S’adressant plus spécifiquement aux séminaristes, Mgr Smaragde les a exhortés à s’exercer à une vie en permanence avec le Christ Jésus, vivre en Christ Jésus et apprendre à vivre comme le Christ Jésus. Demeurez dans l’amour du Christ, leur a-t-il dit, Lui seul vous fera porter de bons et nombreux fruits. Au terme de ce jubilé de 75 ans, a-t-il poursuivi, nous attendons de voir vous lever avec beaucoup d’ambition pour mettre en pratique la mission de Nyakibanda que le Pape Benoit XVI vient de rappeler à travers son Exhortation apostolique postsynodale “Africae Munus”, “l’engagement de l’Afrique pour le Christ Jésus”. C’est une mission que l’Eglise place en vos mains pour promouvoir la réconciliation entre les Rwandais et entre les Africains; soyez des faiseurs de paix et les promoteurs de la justice pour tous et en vérité, a-t-il indiqué. ”Vivre au nom de Jésus Christ la réconciliation entre les personnes et entre les communautés, promouvoir la paix et la justice dans la vérité”, voilà ce que recommande le Pape, a conclut Mgr Smaragde.

 

Devenir l’«alter Christus» parmi les hommes

 

Avant la clôture de la célébration eucharistique, l’assistance a suivi un message de Mgr Fernando Filoni, Préfet de la Congrégation pour l’Evangélisation des Peuples, lu par son envoyé spécial, le Père Massimo Cenci. Dans ce message, Mgr Filoni parle d’abord de saint Charles Borromée, le saint patron du Grand Séminaire de Nyakibanda qui, convaincu que le renouvellement de la foi et de l’Eglise elle-même dépendait de la capacité du clergé de vivre en communion profonde avec le Christ, fut le premier à fonder un grand séminaire à Milan au 16ème siècle.

 

Le Préfet de la Congrégation pour l’Evangélisation des Peuples a indiqué que le séminaire est une école de Jésus, le lieu où il demaure. Celui qui veut devenir prêtre, a-t-il dit, doit être par dessus tout un homme de Dieu. Mais, a-t-il précisé, le plus important dans la vie de celui qui chemine vers le sacerdoce c’est la relation personnelle avec Jésus, tandis que le séminaire est une étape qui permet de s’approcher de Jésus pour qu’il puisse répondre à l’appel du Christ sûrement et avec plus de conviction.

 

“Je vous encourage, a dit encore Mgr Fernando Filoni dans son message, à vous mettre à l’école du Christ pour acquérir les vertus qui vous aideront à vivre le sacerdoce ministériel comme le lieu de votre sanctification”.  Le prêtre est appelé à être un “alter Christus”, un autre Christ parmi les hommes, et il doit réaliser le chemin de transformation de sa vie afin de devenir le plus possible semblable au Christ lui-même: il doit apprendre à aimer comme le Christ, à penser comme le Christ, à servir comme le Christ; il doit développer et cultiver l’amour de la vérité, la loyauté, la sincérité, la fidélité à la parole donnée, la cohérence; il dot avoir un comportement et un jugement équilibré, être capable d’entrer en relation avec les autres; il doit apprendre à contrôler ses propres sentiments, ne pas chicanner, ne pas être arrogant; être prudent, généreux et prêt à rendre service”, a souligné Préfet de la Congrégation pour l’Evangélisation des Peuples.

 

L’enthousiame des jeunes générations

 

La célébration eucharistique terminée, les célébrations festives du jubilé ont commencé par un défilé, par année de promotion, de tous ceux qui ont fréquenté le Grand Séminaire de Nyakibanda. On pouvait cependant remarquer que, c’est à partir de l’année 1948 que l’on pouvait avoir un seul représentant des premières générations, en la personne du prêtre burundais, l’Abbé Stanislas Biraronderwa, tandis que la promotion de l’année 1949 avait deux représentants, les Abbés rwandais Nicodème Nayigiziki et Benoit Karango. Par ailleurs, on pouvait aussi remarquer les dégâts du génocide à travers la maigreur des rangs des générations d’avant 1994, tandis que les générations postérieures brillaient non seulement par leur jeunesse, mais aussi par la corpulence de leurs rangs.  Ce que certains défilants qualifiaient allégoriquement de “génération de la nouvelle alliance”. 

 

Après ce beau et émouvant défilé, les festivités se sont poursuivies par de nombreuses interventions ponctuées par des chansons des grands séminaristes et du Choeur International et Ensemble Instrumental de Kigali (CIEK) ainsi que par des danses du groupe Cyprien Rugamba qui ont fait prolonger la fête jusqu’en début de soirée. Sont notamment intervenus le Recteur du Grand Séminaire de Nyakibanda, le Provincial en Afrique Centrale des Missionnaires d’Afrique, le représantant laïc des anciens de Nyakibanda, Mgr Smaragde Mbonyintege, le Président du Sénat rwandais et l’Abbé burundais Stanislas Biraronderwa qui y a donné son témoignage.

 

Mgr Smaragde Mbonyintege, Président de la Conférence Episcopale du Rwanda et Président de la Commission Episcopale pour les grands séminaires a particulièrement fait un éloge remarquable de Mgr Joseph Hirth qu’il a qualifié de “Père du Sacerdoce au Rwanda”. C’est en effet ce prélat qui, en 1904, n’hésita pas à choisir parmi les tout premiers jeunes baptisés rwandais une quinzaine qu’il envoya au grand séminaire de Hangiro (Tanzanie) et fonda en 1912 le grand séminaire de Kansi qui, quelques mois après, fut transféré à Kabgayi, avant de s’implanter définitivement à Nyakibanda en 1936.

S’adressant plus particulièrement aux séminaristes en formation, Mgr Smaragde a cité un passage de la récentre Exhortation apostolique postsynodale “Africae Munus” indiquant que “les futurs prêtres doivent développer en eux une juste compréhension de leurs cultures sans s’enfermer dans leurs limites ethniques et culturelles. Ils devront également s’enraciner dans les valeurs évangéliques pour fortifier leur engagement, dans la fidélité et la loyauté envers le Christ. La fécondité de leur future mission dépendra beaucoup de leur profonde union au Christ, de la qualité de leur vie de prière et de leur vie intérieure, des valeurs humaines, spirituelles et morales qu’ils auront assimilées durant leur formation. Puisse chaque séminariste devenir un homme de Dieu en recherchant et en vivant « la justice, la piété, la foi, la charité, la constance, la douceur » (1Tm 6, 11) ! (Africae Munus 121).

L’autre intervention non moins remarquée à cette fête a été celle du Président du Sénat rwandais, le Dr Jean Damascène Ntawukuriryayo. Après son discours qu’il a, à sa façon, voulu moins profane, mais devenu, probablement, moins canonique, car fustigeant l’Eglise du fait de demander pardon et de prier pour les pécheurs, il a promis de transmettre au Chef de l’Etat la requête exprimée par le Recteur de Nyakibanda de raccorder le grand séminaire au fibre optique qui passe à 5 km de là vers la frontière burundaise. Cela permettrait en effet au grand séminaire le désenclavement et d’être au diapason avec le progrès enregistré par le pays dans le domaine de l’ ICT, Technologie de l’Information et de la Communication.

 

Enfin, comme pour conclure les festivités en beauté et pour rafraîchir les âmes et les corps trés attentionnés tout au long de ces manifestations festives, aussitôt après la bénédiction finale, une pluie s’est abattue sur la vallée de Nyakibanda.

Sources: DOCICO CEPR


24 Kanama 2014: Icyumweru cya 21 mu byumweru bisanzwe

         AMASOMO:
Iz 22, 19-23abr /> Rom 11, 33-36
 Mt 16, 13-20


«Wowe uri Kristu, Umwana w'Imana Nzima. »