Section 6: Délits relatifs à la fraternité sacerdotale

Section 6: Délits relatifs à la fraternité sacerdotale


37. Union fraternelle et coopération entre clercs


« Du fait de leur ordination, qui les a fait entrer dans l’ordre du presbytérat, les prêtres sont tous intimement liés entre eux par la fraternité sacramentelle ; mais, du fait de leur affectation au service d’un diocèse en dépendance de l’évêque local, ils forment tout spécialement à ce niveau un presbyterium unique. Certes les taches confiées sont diverses ; il s’agit pourtant d’un ministère sacerdotal unique exercé pour les hommes. C’est pour coopérer à la même œuvre que tous les prêtres sont envoyés (. . .). Finalement tous visent le même but: construire le Corps du Christ»(Concile Vatican II, Décret P.O. n°8, § 1).


38. Indices d’une situation de délit


La fraternité sacramentelle est le fondement et la garantie d’une aide spirituelle réciproque et de l’accomplissement du ministère dans une grande unité d’intention. Cette union fraternelle et la coopération entre clercs peuvent être compromises ou même rendues impossibles par des comportements, tels que :


1° Incitation à la division ou à la discrimination raciale ou ethnique au sein du clergé d’un même Diocèse ;

2° Refus de collaboration dans l’exercice du ministère ;

3° Boycott des réunions du presbyterium ou des retraites spirituelles communes ;

4° Faux témoignages contre des confrères chez des politiciens, voire même devant des tribunaux;

5° Trahison de confrères ;

6° Atteinte à la bonne réputation d’un confrère

7° Violences physiques et/ou verbales entre clercs ;

8° Médisances, calomnies, et délations ; .

9° Rédaction et diffusion de tracts diffamatoires ;

10° Monopolisation des moyens mis à la disposition de la communauté sacerdotale.


De tels abus vont à l’encontre de ce qui est recommandé aux clercs pour qu’ils mènent une vie communautaire exemplaire, dans la fraternité, l’entente respectueuse, la complémentarité et la coopération pastorale.


39. Ce que dit le Code


a) Can. 275§1, sur l’union et la coopération entre clercs:


«Étant donné qu'ils travaillent tous à la même œuvre, à savoir l'édification du Corps du Christ, que les clercs soient unis entre eux par les liens de la fraternité et de la prière et visent à la coopération entre eux, selon les dispositions du droit particulier».


b) Can 280, sur la vie commune:


«Une certaine pratique de la vie commune est vivement recommandée aux clercs; et là où elle existe, elle doit être autant que possible conservée».


c) Can 278, sur les associations sacerdotales:


§ 1. «Les clercs séculiers ont le droit de s'associer avec d'autres en vue de poursuivre des fins en accord avec l'état clérical».


§ 2. «Les clercs séculiers attacheront de l'importance surtout aux associations qui, ayant des statuts reconnus par l'autorité compétente, au moyen d'un programme de vie approprié et approuvé comme il convient, ainsi que par l'aide fraternelle, stimulent leur sainteté dans l'exercice du ministère et contribuent à l'union des clercs entre eux et avec leur Évêque propre».


§ 3. «Les clercs s'abstiendront de fonder des associations dont le but ou l'action sont incompatibles avec les obligations propres à l'état clérical, ou peuvent entraver l'accomplissement diligent de la charge qui leur a été confiée par l'autorité ecclésiastique compétente; ils s'abstiendront aussi d'y participer».


40. Mesures de droit particulier :


§ l. Dans l’esprit du Canon 280, la Conférence Episcopale opte pour la vie de communauté pour les prêtres diocésains, en raison de nombreux avantages que cela comporte. En effet, «les prêtres ont encore besoin de s’entraider pour le développement de leur vie spirituelle et intellectuelle, d’améliorer leur coopération dans le ministère, d’éviter les dangers que peut entrainer l’isolement» (Vatican II, Décret PO n° 8, §3). Des exceptions à la règle seront étudiées cas par cas. La situation d’un prêtre vivant seul est à éviter autant que possible.


§2. Le Code ne prévoit pas de sanctions précises pour des délits en rapport avec la fraternité sacerdotale. Pourtant les comportements de prêtres mentionnés au n°38 ci-dessus n’en sont pas moins anormaux et moralement répréhensibles eu égard aux exigences de la charité fraternelle, du ministère, et de la communion ecclésiale. Le Canon 1399 sera une référence pour justifier les sanctions décidées par l’Ordinaire.


§3. Comme pour tous les autres cas de délinquance, la procédure à suivre s’inspire des démarches déjà décrites plus haut au n°9, Visant avant tout à redresser le délinquant. Si ce dernier montre une résistance à ne pas reconnaître sa faute, au son comportement anormal, il faut lui fournir des preuves et indices indéniables. Dans l’esprit du canon 1446, il est recommandé de constituer un groupe de conciliation. Si cela s’avère infructueux, il faut entamer alors la procédure administrative ou judiciaire proprement dite pour l’application des sanctions appropriées ( Can 1336).


§4. En cas de bagarre entre deux clercs, l’Ordinaire ou son délégué écoutera les deux parties en vue de les réconcilier. Si les tentatives de réconciliation s’avèrent vaines, l’Ordinaire peut punir celui qui demeure réticent en le privant d’un office ou en le transférant ailleurs.


§5. En cas de litige entre clercs et à défaut d’un règlement à l’amiable, le différend sera porté devant l’Ordinaire qui jugera de l’opportunité de constituer un conseil de sages pour cela. Le recours à la justice civile est à éviter dans la mesure du possible entre clercs (1 Cor 6, 1-9). Pour quiconque ne s’y conforme pas, les mesures disciplinaires concernant la désobéissance sont d’application. 


24 Kanama 2014: Icyumweru cya 21 mu byumweru bisanzwe

         AMASOMO:
Iz 22, 19-23abr /> Rom 11, 33-36
 Mt 16, 13-20


«Wowe uri Kristu, Umwana w'Imana Nzima. »