La Commission Diocésaine ''Justice et Paix''-Byumba

I. HISTORIQUE
I.1 Les origines de la Commission ''Justice et Paix''.
 La Commission pontificale « Justice et Paix » a été instituée par sa Sainteté le Pape Paul VI le 10/12/1976 dans le souci de promouvoir la Justice et la Paix, de pénétrer de la lumière et du ferment évangélique dans tous les domaines de l’existence sociale. Elle a pour but l'étude et l'approfondissement, sous l'aspect doctrinal, pastoral et apostolique, des problèmes relatifs à la justice et à la paix, en vue d'éveiller le peuple de Dieu à la pleine intelligence de ces questions et à la conscience de son rôle et de ses devoirs dans les domaines de la justice, du développement des peuples, de la promotion humaine, de la paix et des droits de l'homme. Elle cherche quelle contribution spécifiquement chrétienne peut être apportée à la solution de ces problèmes et elle appelle les membres du peuple de Dieu à un témoignage chrétien et à une action appropriée sur ces divers points.

I.2 La Commission Diocésaine ''Justice et Paix''-Byumba.

Les autorités ecclésiales du Diocèse de Byumba, dans le but de lutter pour la paix et la justice dans notre pays en général et dans leur zone d'activités en particulier, ont instauré en 1988 la Commission ''Justice et Paix'' ayant comme mission de promouvoir la Justice et la paix. Cette commission est donc un œil vigilant de l'Eglise devant tous les problèmes relatifs aux affaires sociales..

I.3. LES PRINCIPALES ACTIVITES REALISEES (1998-2009).

Depuis la relève de la Commission Diocésaine Justice et Paix - Byumba en 1998, les principales activités réalisées en matière de paix sont les suivantes:

  • Elaboration du Règlement d'Ordre Intérieur de la Commission
  • La formation des équipes d'animateurs et médiateurs à la paix (413 personnes) par le moyen de la non-violence active au niveau de toutes les 17 Paroisses du Diocèse de Byumba
  • La sensibilisation populaire et le monitoring des juridictions populaires participatives '' gacaca''.

En date du 12/11/2207, une rencontre regroupant 33 Observateurs des juridictions Gacaca a eu lieu à Byumba pour évaluer les travaux d’observations des juridictions Gacaca au cours de l’année 2007. L’évaluation a montré qu’au cours de l’année 2007, 89 procès ont été observés et rapportés par les observateurs des juridictions Gacaca. De tous ces procès, 57 personnes ont été condamnées,   32 personnes ont été acquittées, 3 cas ont été soumis au Service National des Juridictions Gacaca pour réexamen car ils accusaient beaucoup d’irrégularités.

  • La formation de 100 conseillers populaires en matière de droits communément appelés « Parajuristes »
  • La création et l’encadrement des clubs « Dynamiques femmes pour la justice et la paix » dans toutes les Paroisses du Diocèse. Ces clubs sont principalement chargés de défendre les droits de la femme et ceux de l’enfant.

Au cours de l’année 2007, dans chaque Paroisse, il a été crée un club « dynamiques femmes pour la justice et la paix » qui a pour objectif de défendre les droits de la femme et de l’enfant et la lutte contre l’ignorance chez les femmes. Les formations dispensées à plus de 960 femmes leur ont permis d’acquérir plus de connaissances sur leurs droits et sont conscientisées sur leur rôle à jouer dans le respect de ces droits. .

  • Formation de 1266 représentants de la Commission Justice et Paix dans les Communautés Ecclésiales de Base appelés « Ministres de la justice et la paix ».
  • La Création et l'appui des troupes folkloriques sur la culture de la paix dans toutes les Paroisses du Diocèse. Ces troupes se servent de leurs œuvres culturelles (chansons, danses, théâtres) pour sensibiliser la population à la promotion de la culture de la paix.
  • Le monitoring des élections Présidentielles et Parlementaires de l'année 2003
  • La sensibilisation de la population à l’unité et à la réconciliation en organisant des formations sur le pardon et la réconciliation et les journées de convivialité. 
  • La Médiation et la résolution des conflits au sein des communautés  

Au cours de l’année 2007, les membres des Commissions Paroissiales justice et paix ont reçu en total 149 conflits dont132 ont été résolus et 17 ont été transférés aux autorités administratives de base et à la police. La plupart de ces conflits sont d’ordre familial, liés au partage des biens familiaux tels que l’héritage, les conflits entre les parents et les enfants, la mésentente entre époux et épouses causée par la polygamie et l’infidélité. Il y a aussi les médisances et les calomnies.

  • Les visites de sensibilisation à l’unité et à la réconciliation aux détenus des prisons Centrales

Dans le cadre de renforcer l’unité et la réconciliation, la Commission Justice et Paix a effectué des visites de sensibilisation dans la Prison Centrale de Miyove et dans la Prison Centrale de Nyagatare. Lors de ces visites, elle y organise des formations sur les thèmes du pardon, l’unité et la réconciliation. Elle y apporte pour les détenus les plus démunis des vivres et des habits, des couvertures collectés parmi la population et parfois donnés par les bienfaiteurs. Parallèlement ces mêmes visites se font auprès des Associations des rescapés du génocide.

Dans le cadre du Projet « Vivre ensemble comme frères et sœurs » (2008-2009), dont ont bénéficié quelques cinq paroisses dont les séquelles du génocide étaient plus remarquables (Mutete, Muyanza, Gituza, Kiziguro et Nyarurema), nous avons pu réalisé des activités suivantes :

- Organiser des formations centrées sur le thème du pardon et de la réconciliation. Ces formations destinées principalement aux rescapés du génocide, les ex-prisonniers qui ont plaidé coupables du crime de génocide et les membres des familles ayant les leurs en prisons. Ces formations avaient pour but de restaurer les relations sociales saines entre ces différents groupes.

- Bâtir des maisons d’habitation pour les personnes les plus indigentes qui étaient sans abris. Cette activité visait à rétablir dans leurs droits les personnes qui ont vu leurs maisons et leurs biens détruites et pillées pendant la guerre et le génocide et que cette situation a plongées dans une situation de pauvreté sans précédent. C’est une activité aussi qui a permis de retourner aux valeurs éthiques traditionnelles rwandaises d’entraide et de solidarité,

- Organiser des journées de convivialité entre les rescapés du génocide, les ex-prisonniers qui ont plaidé coupables du crime de génocide et les membres des familles ayant les leurs dans les prisons. Cette activité qui a été faite lors de l’inauguration des maisons construites a été une occasion de méditer sur les conséquences nocives de la division et de la discrimination et de se réjouir des bienfaits de la solidarité et d’entraide mutuelle.

- Organiser des visites des sites mémoriaux du génocide et des prisons. Cette activité qui a été organisée à la fin des journées de récollection est corollaire au pardon et à la réconciliation et vise à s’imprégner d’avantage des méfaits du génocide et de son idéologie dont les indices sont remarquables dans les comportements de certains.

II. ACTUALITES

Nous avons actuellement deux principaux projets en cours d’exécution :

  • Dans le cadre du projet « Désarmons nos cœurs pour vivre en paix », nous réalisons les activités suivantes :
  1. Organiser des rencontres de médiation entre les membres des familles des rescapés du génocide et ceux des familles devant restituer les biens endommagés ou pillés , en vue de trouver ensemble un compromis ;
  2. Nous avons créé des groupes mixtes réunissant les membres des familles victimes du génocide et les membres des familles dont certains des leurs ont trempé dans le génocide : ce sont des groupes d’unité et réconciliation qui exécutent des projets communs générateurs de revenus non seulement pour leur autopromotion économique,  mais aussi en vue d’accroître pour certains les possibilités de restituer les biens endommagés ou pillés par les membres de leurs familles qui sont en prison ;
  • Dans le cadre du « Plan stratégique triennal », les principaux activités consistent à
  1. former 81 messagers de la justice et la paix provenant de 81 CEBs pilotes sur les lois sociales en vigueur, sur les droits fondamentaux de la personne humaine , sur le trauma-counselling …
  2. former des prêtres et des consacrés sur les thèmes de la gestion pacifique des conflits, la médiation et le plaidoyer pour les personnes indigentes ;
  3. former les détenus des prisons de Byumba, Miyove et Ngarama sur les thèmes de la paix, le pardon, l’unité et la réconciliation ;
  4. organiser des ateliers d’échanges d’expériences sur le processus d’unité et de réconciliation des rwandais ;
  5. assister judiciairement quelques personnes indigentes dont les droits ont été bafoués ;

III. Les difficultés et contraintes.

- Une mauvaise compréhension de la justice et la paix évangélique qui change très lentement chez certains ;

- Le cumul des fonctions pour la plupart des Messagers de la Justice et la Paix, ce qui ne leur permet pas de disposer du temps matériel suffisant pour mieux s'acquitter de leur mission.

- Insuffisance de moyens financiers par rapport aux activités prévues

IV. PERSPECTIVES D'AVENIR ET STRATEGIES

- Sensibiliser toutes les organes existants de l'Eglise à appuyer les programmes de la Commission ''Justice et Paix''.

- Faciliter les taches aux bénévoles de la Commission qui ont été formés, les Animateurs Médiateurs à la Paix, les Observateurs des Juridictions gacaca, les Conseillers populaires en matière des lois.

- Renforcer la collaboration avec les autres organisations qui ont dans leurs attributions la promotion de la culture de la paix œuvrant dans la même zone d'action que le Diocèse de Byumba.

- Améliorer la collaboration avec les organes étatiques.

- Diversifier les bailleurs de fonds .

Le Président de la Commission Diocésaine

Justice et Paix –Byumba

Abbé Dion MBONIMPA


24 Kanama 2014: Icyumweru cya 21 mu byumweru bisanzwe

         AMASOMO:
Iz 22, 19-23abr /> Rom 11, 33-36
 Mt 16, 13-20


«Wowe uri Kristu, Umwana w'Imana Nzima. »