mer.

23

mars

2011

Les futurs prêtres seront mieux formés à la philosophie

La Congrégation pour l’Éducation catholique, le «ministère» du pape en charge, notamment, des séminaires et de l’enseignement catholique supérieur, a publié hier une réforme visant à renforcer, tant sur le fond que sur la forme, les études de philosophie dans ces établissements.

 

Dans quel contexte se situe cette réforme ?

«L’effondrement actuel de la culture générale, et plus précisément de la culture religieuse, impose de notre part un effort plus grand en direction des séminaristes. La plupart d’entre eux, avant d’entrer au séminaire, n’ont en effet jamais pu approcher la philosophie.» Mgr Jean-Louis Bruguès, secrétaire (numéro 2) de la Congrégation pour l’éducation catholique, motive en ces termes la réforme des études ecclésiastiques de philosophie annoncée mardi 22 mars à Rome, devant les recteurs et doyens des universités pontificales.

Pour sa part, le cardinal Zenon Grocholewski, préfet de la même congrégation, 
a lui aussi expliqué cette réforme, fruit d’une large réflexion entamée en 2004, par «la faiblesse de la formation philosophique dans de nombreuses institutions ecclésiastiques, avec l’absence de points de références précis, notamment en ce qui concerne les matières à enseigner et la qualité des enseignants.»

Il a poursuivi : «Cette faiblesse est accompagnée de la crise des études philosophiques en général, à une époque où la raison est menacée par l’utilitarisme, le scepticisme, le relativisme et l’abandon de la métaphysique, lui rendant difficile de prendre en compte la vérité sur les problèmes fondamentaux de la vie». L’idée est aussi de rééquilibrer un enseignement qui, selon les responsables romains, s’est ces dernières années trop orienté vers les sciences humaines.


Quelles en sont les modalités ?

Trois catégories d’établissements sont concernées. Les facultés ecclésiastiques de philosophie devront faire passer leur premier cycle de deux à trois ans. Les programmes devront inclure la métaphysique et la logique. Le corps enseignant en philosophie devra désormais être «stable», qualifié par des titres universitaires ecclésiastiques, et composé au minimum de sept enseignants.

Les premiers cycles des facultés ecclésiastiques de théologie et les instituts affiliés en théologie, par exemple les séminaires, devront veiller à ce que la philosophie constitue au moins 60% des crédits des deux premières années. Celles-ci doivent donc être «principalement dédiées à la philosophie».

Par ailleurs, afin d’éviter un corps enseignant trop externalisé, ou insuffisamment qualifié en philosophie car spécialiste d’autres disciplines, ces établissements devront compter au moins deux enseignants philosophes «stables». Enfin, le nombre des enseignants stables d’un institut affilié en philosophie (notamment les séminaires) doit être d’au moins cinq, avec les qualifications requises.


Quelles en seront les conséquences ?

Sur le fond, il s’agit pour la Congrégation de remédier au constat déjà dressé par Jean-Paul II dans son encyclique Fides et Ratio, qui stigmatisait «une fragmentation du savoir qui entrave l’unité intérieure de l’homme contemporain, parce qu’elle entraîne une approche parcellaire de la vérité et que, par conséquent, elle en fragmente le sens».

Sur la forme, les 50 facultés catholiques de philosophie et les 400 facultés de théologie présentes dans le monde devront, pour certaines d’entre elles, se livrer à un sérieux effort, notamment matériel, de mise en conformité.

Frédéric MOUNIER, à Rome

http://www.la-croix.com


24 Kanama 2014: Icyumweru cya 21 mu byumweru bisanzwe

         AMASOMO:
Iz 22, 19-23abr /> Rom 11, 33-36
 Mt 16, 13-20


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